Définition de la céramique, sa composition et les différentes sortes de matières

« céramique » vient du grec « KERAMOS » qui signifiait d’abord « corne – premier récipient naturel servant à boire – puis par extension, tout récipient d’argile cuite, enfin l’argile elle-même ou terre de potier. Aujourd’hui, la céramique représente tout produit de composition et d’aspect variables qui ont pour base commune une argile cuite.

Indications techniques :

L’argile est la base commune de toute céramique qui se trouve communément en tout pays, avec une composition variable et mêlées d’impuretés. Dans la composition de l’agile pure théorique, on trouve la silice à 46 %, l'alumine à 40%et l'eau à 14 %.

le Kaolin ( nom d’origine chinoise) est une argile non plus pure mais plus blanche et possédant une plasticité moindre. Une fois épuré, il donne à la cuisson un produit céramique plus blanc, au grain fin, entièrement vitrifié, donc translucide : c’est la porcelaine dure naturelle (de l’italien porcelet : coquillage blanc intense). Connu des chinois depuis le X° siècle, le kaolin constituait ce secret  que tout l’Occident chercha à percer du XVI° au XVIII° siècle. Il fut découvert à Meissen par Bötteger en 1709. Il ne parvint en France que dans la 2° moitié du XVIII° siècle et ne put être exploité qu’après la découverte de gisement de St-Yrieix vers 1770.

C’est grâce à cette ignorance et à ce désir d’égaler la porcelaine orientale que les artistes européens ont atteint la perfection des matières et décors. Ils créent un admirable ersatz : porcelaine tendre (ne contenant pas ce kaolin alors inconnu). C'est une sorte de verre opalin.

Caractères essentiels des argiles :

- leur plasticité : elle se laisse pétrir avec de l’eau pour se façonner

- leur retrait : diminution des dimensions au séchage et à la cuisson

- leur comportement à la cuisson :

- vers 120°C, l’eau hygrométrique s’en va

- vers 400°C - 700°C, la pâte devient sèche, sonore et poreuse. C'est de la terre cuite (pot de fleur)

- pour les températures supérieures, la pâte est très sonore et dure, presque à rayer l’acier

- à 1600° : la pâte se déforme tout à fait

- à 1800° : elle entre en fusion

- les opérations sont diverses, lentes, et sans à-coup. Il n'y a pas d’écart brusque de T° sinon cela provoque une rupture

On ajoute alors à l’argile :

- des dégraissants pour diminuer l’élasticité ou le retrait ( quartz, silice)

- des fondants pour diminuer le point de fusion et faciliter la cuisson ( feldspath, craie)

Les Opérations successives :

  1. la préparation de la pâte : épuration des composants, calcination, pulvérisation, broyage des roches trop dures, dosages, délayage ...
  2. le façonnage : moulage ou tournage, finissage, assemblage ou non, séchage
  3. la cuisson dans four particulier. En 1749, pour éviter l’ardeur du feu, à Strasbourg création du feu de moufle, permettant la cuisson de pièces à l’abri du feu direct.

Supposons une faïence ancienne :

Une fois la pâte faite et la pièce façonnée, elle est cuite « en biscuit », enrobée ensuite d’une couche d’émail à base d’étain  car la faïence est poreuse et il faut la rendre étanche et colorer la terre que l’on veut cacher , puis :

décor de grand feu :

Sur l’émail cru, peinture au moyen d’émaux délayés dans un fondant. Puis une seule cuisson à haute température qui cuit d’un seul coup l’émail et le décor. Possible qu’avec le bleu ( cobalt),  brun ( manganèse),  jaune ( antimoine), vert ( chrome), rouge (fer). Les émaux délicats sont brûlés.

Décor à petit feu :

Aussitôt émaillée, la pièce est cuite en blanc à haute température avant tout décor qui est alors fixé par une 3° cuisson à faible température, dans un four à moufle, au petit feu. Le décor est plus plat car non incrusté dans l’émail.

Les porcelaines sont vitrifiées à 1300°-1400° (pour les rendre imperméables) puis enduites non d’un émail à base d’étain mais à base de plomb ( cad d’une couche de verre) qui est à la fois une protection et un ornement. Son éclat met en valeur la blancheur même de la matière qu’il enrobe sans le cacher.

Classification des produits de céramique artistique

terre cuite : poterie de terre, non vitrifiée, non-émaillée

terre vernissée : même poterie rendue imperméable par un enduit de vernis au plomb transparent. Plombifère. C'est de l'argile + liquide oxyde de plomb + eau qui à plus de 1000° se vitrifie et devient un peu transparent. Puis on applique une glaçure au plomb soit directement, soit en engobe ( argile très fine claire ou colorée). Décor : modelage, pastillage, ajourage, incision, gravure, barbotine.

faïence émaillée ou stannifères : Ce sont des poteries dont la terre, souvent colorée, chargée de sable est masquée par un émail, revêtement opaque à base d’étain.

Décor de grand feu (900°) : le décor est peint sur un émail cru ; une seule cuisson à haute température, incorpore ensuite, en les cuisant ensemble, émail et décor.

Décor de petit feu ( 500°): le décor est peint sur émail cuit et fixé ensuite par une cuisson spéciale au feu de moufle. Notamment pour chlorure d’or (= pourpre)

Faïence fine = improprement appelée « porcelaine opaque »la poterie dont la terre, assez blanche ou ivoirée ( terre de Lorraine est une faïence avec un vernis plombifère ( proche du grès, à Pont au choux, Lorraine, Montereau) ou, « terre de pipe » c'est une faïence fine calcaire qui  n’a pas besoin d’être caché par un émail opaque mais juste revêtue d’un vernis protecteur transparent, à base de plomb ( la plupart des faïences anglaises puis arrivée à Pont au choux -> Paris rue de la Contreescape). Elle est feldspathique dite dure ( on y a ajouté du kaolin)

Porcelaine tendre : ( ou artificielle ) C'est le résultat d’une combinaison chimique compliquée. Légèrement rayable à l’acier. ex : Saint-Cloud, Vincennes, Sèvres, Chantilly, Mennecy ( 1737-1773)                                    

Porcelaine dure : ( ou naturelle) c'est une  poterie dont la pâte a pour base le Kaolin, blanche, vitrifiée, translucide, imperméable. Elle est habituellement revêtue d’une couverte transparente à base de plomb.ex : Böhger à Meissen ( Saxe) en 1709 puis en France en 1767. S'il y a des décors avec de l'or, elle est cuite à 650° et polie à l’agathe.

Le grès est à base d’argile, ou parfois de kaolin. C'est une poterie ( à base d'argile chargée de sable) vitrifiée, opaque, imperméable, très sonore ( + cuite que la faïence et – cuite que la porcelaine )